De l'humain au divin : équilibre

Nous avons tout en nous, même si peu le savent.

     Nous naissons humains, conçus et d'une certaine manière, apparemment “fabriqués” par des humains. Dans la longue lignée des humains nous ayant précédés, et bien plus préoccupés par leur survie, puis leur bien-être immédiat, nos géniteurs nous modèlent selon la norme en vigueur, on pourrait presque dire “selon la mode”. Et bien entendu, étant humains, nous avons nous aussi à entretenir le corps qui nous a été attribué, ne serait-ce que par respect pour le fait qu'il est une émanation du “grand tout”. Je préfère cette expression, pour éviter de déraper dans des considérations teintées de religiosité.
     Nous avons à notre disposition une panoplie sensorielle qui nous permet d'appréhender le monde environnant, et de pouvoir échanger des ressentis avec d'autres humains. Nous sommes également pourvus d'instincts indispensables au maintien de l'espèce, parmi lesquels l'instinct de survie, primordial et l'instinct sexuel, qui garantit le reproduction. Du point de vue matériel, la boucle est bouclée.
     La plupart des problèmes liés à la vie humaine proviennent du fait que l'homme a oublié tout le reste, pour se consacrer essentiellement à la survie. On pense trop à la nourriture, ce qui mène à l'obésité et au gaspillage, à être absolument le plus fort, ce qui, poussé à l'extrême, implique le meurtre. Etant donné que l'instinct sexuel est associé au plaisir, il est largement détourné aussi, vers une âpre course à la jouissance. Associé au besoin de domination, on arrive vite au viol, ou à la relation sexuelle non consentie. Le mâle humain a en outre une peur de sa femelle, parce que celle-ci a un pouvoir qu'il n'aura jamais, le pouvoir de donner la vie, ce qui lui confère une supériorité incontournable. Il fera donc tout ce qu'il peut pour dominer sa compagne, y compris et surtout utiliser la violence, le mépris et la dégradation. Rare sont ceux qui sont suffisamment humbles pour accepter d'en prendre pleinement conscience, toute première étape pour sortir de ce cercle infernal.

     Le “grand tout” nous a également doté d'un outil précieux, qui s'appelle faculté d'abstraction. Cette faculté, quoique présente de manière plus diffuse et moins développée chez certains animaux, bien plus que l'intelligence, est ce qui donne à l'humain sa spécificité. Mais là encore, on s'aperçoit que l'humain, en l'absence de l'effort nécessaire, utilise cette faculté au détriment de ses congénères, en l'utilisant pour “calculer” comment profiter le plus possible de ses instincts.

     Enfin, et plus subtil, l'être humain est doté de ce que certains nomment “sixième sens”, qui ne fait appel à rien de matériel, ne s'exprime pas par des mots, mais qui permet pourtant d'aborder une inépuisable source de richesse intérieure à la disposition de tous ceux qui en ont envie. Il est ainsi possible, non de connaître, mais à tout le moins de pressentir ce “grand tout” dont nous sommes issus. C'est une possibilité extraordinaire de prise de conscience. Les prémices de cette prise de conscience se situent tout simplement dans la possibilité que nous avons de percevoir la beauté qui nous entoure. Puis vient très vite un questionnement à ce sujet.
     Lorsqu'on a la chance d'en être là, on se trouve pris dans une sorte d'effet “boule de neige”, qui nous transporte de plus en plus loin, de surprise en émerveillement, et nous pousse souvent vers un doute vertigineux. Mais dans ce domaine particulier, rien ne sert de vouloir comme on veut cueillir un fruit, il faut simplement accepter d'ouvrir son esprit, d'être en état d'acceptation réceptive, de modérer les instincts cités plus haut afin qu'ils ne masquent pas cette porte subtile ouverte sur l'Univers. Alors, comme une galaxie, les ressentis inexprimables défilent dans votre esprit en tournoyant, vous avez l'impression qu'apparaît une lumière inconnue, impalpable, que vous ne pouvez partager qu'avec les êtres qui ont fait la même démarche d'humilité et d'écoute. Peu à peu, vous devinez l'harmonie qui régit tout l'Univers, de la plus infime particule aux milliards de galaxies connues ou inconnues, et vous vous sentez à la fois tout petit et unique, mais en communion. Le risque, cette fois, est d'être “happé” par ce vertige qui semble vous libérer des contraintes humaines, et de ne pas accepter d'en sortir, pour ne pas retrouver les souffrances inhérentes à la vie matérielle après avoir frôlé le “grand tout”.

     Mais faire l'impasse sur l'un comme sur l'autre, c'est choisir d'être incomplet. La complétude passe nécessairement par la mise à profit de tout ce qui nous est donné, la souffrance comme le plaisir, la joie comme la peine, la nourriture matérielle comme la nourriture spirituelle. Tout ce qui nous est attribué est bon. L'équilibre dans l'utilisation de notre patrimoine est toutefois une nécessité pour ne pas sombrer dans une sorte de perversion mono-maniaque, qui semble être prédominante dans nos sociétés dites “modernes”.

divers/un_peu_de_moi/equilibre.txt · Dernière modification: 28/07/2019/ 20:38 (modification externe)