humeur:societe:newsletter [La page à Emache]

A propos de lettre d’information

A l’heure où des journaux prestigieux mettent la clef sous la porte (plus de 140 aux Etats-Unis en 2008) pour cause de concurrence “déloyale” du net, c’est à dire parce qu’une grande quantité d’informations pertinentes est proposée gratuitement en ligne alors qu’il faut payer pour un journal, à l’heure également des bilans écologiques désastreux, et des tentatives pour sauver la planète, il semble opportun de remettre en question sinon l’existence, du moins la conception et le mode de distribution de toute lettre d’information, en mettant aux oubliettes l’EGO de chacun, en général si contraire à tout système harmonieux.

Technologie

Les technologies actuelles mettent à la portée de tout un chacun, pratiquement sans effort, les conceptions les plus fantaisistes, voire farfelues en matière de publication. Le résultat de cette démocratisation est, comme dans d’autres domaines comme la photo, à double tranchant. S’il permet de révéler des talents qui n’auraient jamais eu la possibilité de s’exprimer auparavant, ce qui est réellement intéressant, il autorise du même coup le “n’importe quoi” ou les pires extravagances au nom du “graphisme”, ce qui est pour le moins fâcheux.

Lisibilité

Ces extravagances vont bien entendu, en général, de pair avec une diminution de la lisibilité du document. Des graphismes excessifs, masquant partiellement le texte ou simplement détournant l’œil de l’essentiel sont définitivement à bannir pour le bien du lecteur et de l’environnement. Bien entendu, ceci ne concerne nullement les photos illustrant le propos.
Il me souvient une vieille règle liée aux échanges par mail ou chat : Ecrire en majuscules équivaut à hurler dans les oreilles du correspondant. Il en est de même dans une lettre d’information : Ecrire en caractères énormes dans le courant du texte diminue la lisibilité et tente de faire comprendre au lecteur qu’il “doit” lire ça, ce qui est proprement irrespectueux.
On n’améliore par la lisibilité d’un document en écrivant plus gros, mais bien plutôt en évitant les changements trop fréquents de police de caractère et en rejetant les graphismes trop envahissants.

Utilité et durabilité

Une des questions qui viennent à l’esprit concerne la durée de vie d’un tel papier. En étant optimiste, on peut considérer qu’il survivra jusqu’à la publication de son successeur, bien souvent le mois suivant, ce qui signifie en clair que ce qui est publié puis imprimé sera jeté à la poubelle dans le mois qui suit !
Dans ces conditions, on doit se préoccuper de l’utilité réelle des informations communiquées. Là encore, à quoi bon publier des informations qu’on trouvera de toutes manières en ligne, si ce n’est pour “gonfler” le papier afin d’en mieux justifier la publication? Publions donc l’utile, non le superflu.
De même, à quoi bon augmenter le nombre de pages publiées en utilisant des graphismes encombrants ou des caractères énormes, juste pour faire de l'effet ?

Pollution et quantité abusive

L’encre d’imprimerie est un polluant omniprésent. Difficile de l’éviter complètement, même si des recherches sont menées activement pour créer des encres bio-dégradables. Dans notre cas, moins de gros “pâtés” d’encre de couleur diminuent d’autant la pollution.
Par ailleurs (cf. lisibilité), des tailles de caractères raisonnables permettent de réduire le nombre de pages du document, entraînant là aussi une diminution de la quantité d’encre dispersée dans la nature le mois suivant, ainsi que de la quantité de papier utilisée (et bien vite mise aux ordures).
Rien de plus facile que de constater une multiplication par deux du nombre de pages d’une lettre d’information simplement par abus typographiques tous azimuts.

Fraîcheur de l’information

Un autre désavantage du document papier réside dans la difficulté de fournir à la date de distribution des informations à jour. La composition prend du temps, les corrections aussi, l’impression ne se fait pas non plus à la minute, bref, au moment de la parution, certaines des informations risquent d’être déjà obsolètes.
Au contraire, une information sur internet peut être mise à jour à tout moment, l’actualisation se faisant par simple édition de l’existant.

De plus en plus d’entreprises et d’organisations l’ont compris, et se satisfont d’une publication directe sur leur site Internet (ou Intranet).
Quant à invoquer le manque de connexion internet pour justifier une impression à grande échelle, les chiffres parlent d’eux-mêmes: Plus de 90% des foyers en France possèdent au moins un ordinateur, et plus de 88% sont reliés à Internet. Un calcul élémentaire montre qu’il suffit de publier sur Internet, et de n’imprimer au pire que 12% de la masse totale pour que tout le monde accède au document.

Mais bon, l'habitude….

humeur/societe/newsletter.txt · Dernière modification: 2018/06/12 23:35 (modification externe)