Noël

humeur:societe:pere_noel-ordure.jpgNoël, fête chrétienne, naissance du Christ, synonyme d’espoir pour les hommes!
Je t’en fous…
Aujourd’hui, nous sommes allés, ma femme et moi, faire quelques emplettes. J’ai été frappé par l’indifférence et l’égoïsme ambiant.
On sort de chez soi, appartement ou pavillon, on monte dans la voiture familiale, et on fonce vers la destination choisie. Au passage, si une queue de poisson vous permet de gagner une place, pas d’hésitation.
Les magasins à dimensions inhumaines sont partout, avalant des centaines d’individus, et en vomissant autant après en avoir extrait le plus d’argent possible. Tout est bon pour ça, depuis les «remises» sous forme de bons d’achat valables dans le magasin lui-même jusqu’aux bombons tentants pour les enfants, bien placés à hauteur de leurs yeux de jeunes consommateurs.
A l’intérieur, chacun se bat pour obtenir ce que l’autre n’a pas, n’a pas vu, ou ne peut s’offrir. On achète parce que ça se fait, «parce qu’il faut au moment des fêtes» on achète en se disant que c’est de la folie de dépenser autant pour des choses qui seront mises au rencard dans une quinzaine de jours, mais on le fait quand même de manière compulsive. Et surtout, il faut faire mieux que l’autre membre de la famille, l’autre là-bas qu’on ne peut pas sentir. Inférioriser l’autre à tout prix, voilà le but essentiel. Juste parce que toute notre société est bâtie sur ce modèle d’éternelle compétition, de rivalité à outrance. Chacun doit être meilleur, plus fort, plus rapide, plus grand, plus riche, plus quelque chose quoi, même si ça passe par l’enfant, qui aura mieux que son cousin, voisin, copain, etc…
Cette rivalité amène rapidement au mépris de tout ce qui n’est pas soi.
Bref, on a fini ses «courses» (oh que ce terme exprime bien la situation…) et on se rue vers les caisses, en essayant si possible de resquiller une place ou deux pour là encore, «être meilleur que les autres». Puis on court vers sa voiture, et on retourne chez soi, sans jeter un regard vers peut-être son voisin de palier ou le client de la boulangerie qu’on rencontre tous les jours, ou le pauvre type qui vient récupérer quelques branches de sapin coupées pour remplacer le sapin qu’il ne peut s’offrir. On est déjà déçu, parce qu’on sait bien que tout cet argent dépensé l’a été pour peu de chose. Il ne reste décidément que la rivalité pour tenter de se venger de ces dépenses inutiles. Le jouet en plastique si cher durera peut-être un mois, espérons-le du moins. L’écureuil de Corée, le lapin nain ou le hamster va bien embêter les adultes, et sera bien vite abandonné à sa solitude par l’enfant capricieux, et mourra peut-être de faim, mais qu’importe, on a acheté les cadeaux, et tout va bien…
Le retour chez soi se passe dans le même aveuglement égoïste que le voyage aller, avec le même irrespect, la même suffisance, et on se retrouve derrière ses portes closes, avec l’objet du délit au pied du sapin. Le monde n’existe plus, ou plutôt se réduit à la petite famille où tout est parfait… On va bientôt s’empiffrer, boire et manger jusqu’à vomir, en refusant de voir que d’autres se sentiront privilégiés s’ils peuvent ouvrir une boîte de cassoulet pour tout réveillon.

humeur/societe/noel.txt · Dernière modification: 28/07/2019/ 20:39 (modification externe)