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Retour de vacances

La race humaine est-elle si méprisable ?

     Ca y est, les vacances d'été sont terminées, du moins pour nous. Une pub placardée un peu partout a retenu toute mon attention cet été. AIDES met les bouchées doubles pour essayer d'enrayer le SIDA, ce fléau inconnu de nous, soixante-huitards, à l'époque où nous avons eu le “privilège” de pouvoir forniquer (faible de temps en temps aussi…) sans souci, et sans risque de perdre notre vie. Un sourire, un joint, et nous étions partis pour une soirée cool à deux ou à plusieurs, où le plus important était de rendre tout le monde heureux. Puis le SIDA est venu jeter un énorme pavé dans la mare. Pas question de laisser les gens tranquilles. Cette pub m'a interpelé pour deux raisons.
Tout d'abord, quand on se souvient des réactions des “bien-pensants” de l'époque 68 à propos de la sexualité des jeunes, on peut être quelque peu surpris par cette sorte de “normalisation” de la relation sexuelle occasionnelle, les “nouvelles rencontres” semblant se traduire inévitablement par un rapprochement sexuel.
Ensuite, les animaux choisis, quand on réfléchit aux symboles généralement acceptés, véhiculent à l'évidence un certain mépris envers les individus concernés. La sauterelle représentant l'élément féminin n'a rien de flatteur, tout le monde sait ça, et le bourdon, butinant de fleur en fleur en pur égoïste, sans jamais produire quelque chose d'utile, n'augure rien de mieux concernant l'élément masculin. Mais bon, ça passe inaperçu, et tout le monde sourit, rien de plus… Pour ma part, je déplore que l'espèce humaine soit de plus en plus considérée comme du bétail, en quelque sorte, et qu'elle ne s'en rende même pas compte…

Ces vacances nous ont fourni une fois de plus notre inévitable lot de beaufs. Difficile à croire, mais j'ai encore vu, cette année, un représentant de la petite ceinture arborant fièrement un “boxer-short” en nylon du plus beau bleu (bon, pas vraiment net…), associé à un marcel plutôt douteux. La pâleur malsaine de la peau de ce représentant de la beaufrérie tranchait avec les chaussettes qui avaient dû être blanches, portées dans des sandales en plastique souple translucide jaunies. L'ensemble était fièrement protégé du soleil par une casquette dite “de marin” qui aurait pu en abriter trois comme lui.
Je me suis retourné de désespoir, et mon regard a été immédiatement accroché par un couple qui n'avait guère à envier au premier spécimen. Elle, sorte de sac adipeux sur poteaux, arborait un string sombre sous une jupe quasi-transparente qui laissait deviner les pustules dont semblaient être garnies ses fesses de Ottentot, et étalait à l'envie une vue imprenable sur un décolleté qui manifestement était le résultat d'une totale inadéquation entre la taille de son soutien-gorge et l'immensité d'une poitrine gélatineuse que cet ustensile était bien incapable de contenir. Lui, short ma foi tout simple, grosses chaussures de marche avec d'épaisses chaussettes de laine roulées, un “bob” blanc complètement passé de mode et à l'évidence amoureusement entretenu depuis presque un demi-siècle , effiloché et informe, et une chemise à fleurs à faire rougir le plus extravagant excentrique des iles du pacifique.
Dois-je ajouter pour faire bonne mesure que ces apparitions se sont produites non sur une quelconque plage du sud à la mode, mais dans un tout petit supermarché d'une Bretagne campagnarde?
Mais où on s'en va, Paulette !!!

humeur/societe/retour_de_vacances.txt · Dernière modification: 2018/06/12 23:35 (modification externe)