Intimité

photo:poppies.jpg      Il est des moments où, sans que l'on en soit réellement conscient, on se fond dans le sujet, dans l'évènement, où l'on se coule dans l'intimité même de ce que l'on observe, au point que plus rien d'autre n'existe, et que même le sujet observé finit par se “dissoudre” pour laisser place à un “ressenti de l'intérieur”. L'observant et l'observé ne font alors plus qu'un, en communication directe, d'une communication qui transcende les mots. Ces moments sont brefs, mais intenses et inoubliables.

     Mon unique but est de saisir ces instants privilégiés, trop rares (mais peut-être est-ce ce qui fait leur prix), les enregistrer, afin de témoigner que celà existe, et que ça vaut la peine de continuer, de les rechercher pour les partager encore et encore, et donner à d'autres l'envie d'en faire autant. Et si je parviens à faire ça une fois sur mille, je continuerai jusqu'au bout.

     Qu'on ne me dise pas qu'il faut à tout prix posséder la dernière merveille en matière d'appareil photographique pour produire des photos de valeur. Bien entendu, on peut de cette manière augmenter la qualité technique des clichés obtenus, mais jamais la technique ne permettra d'apporter de l'émotion là où il n'y en a pas. Et j'ai vu des instantanés fait par des enfants à l'aide d'appareils photo jetables qui n'ont rien à envier aux plus grands.

     Il est également une mode qui consiste à aller dans des pays reculés ou à vivre des situations exceptionnelles, puis à en rapporter des photos que tout un chacun qualifie de “géniales”. Evidemment, tout le monde n'a pas le Kalahari, l'afghanistan ou la savane africaine au fond de sa cour, et tant mieux! Parce que l'on assiste à une escalade dans ce domaine qui mène très vite à un désintérêt. Il me semble que la permanence de l'exceptionnel soit très vite lassante. Et on est en droit de douter qu'une quelconque tentative de symbiose soit faite dans ces circonstances…

photo/intimite.txt · Dernière modification: 28/07/2019/ 20:32 (modification externe)